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La ménopause n'est-elle qu'hormonale?

12/9/2026

2 Commentaires

 
Femme qui se reconnecte à son corps malgré les symptômes de la ménopauseImage
En ce moment, si je m'arrête vraiment pour identifier ce que je ressens, je réalise qu’il y a plusieurs choses en même temps. De la gratitude, de renouer avec les femmes que j'accompagne. Une perte de repères, devant un nouvel horaire qui bouscule mes journées.

​De la nervosité aussi, à l'idée que mon travail fasse écho dans ma communauté. Et de la douceur, dans ma relation de couple, qui retrouve son rythme.

Tout ça, en même temps. Rien de contradictoire là-dedans : c'est juste ce qui se passe vraiment quand on prend deux minutes pour regarder, pour ressentir.

Et tu te demandes sûrement ce que ça vient faire avec la ménopause. J'y arrive.

Mais si on te posait cette question, là, maintenant :
Comment vas-tu ?
​
Pas ce que tu répondrais à une collègue, dans le cadrage de porte, avec un « oui oui, ça va » poli. Je parle de ta capacité à reconnaître, pour toi-même, ce qui se joue vraiment en toi, en ce moment. À ressentir tes émotions. À les nommer. À leur laisser de la place.

Laisse-moi maintenant t'expliquer le rôle de tes émotions dans la ménopause.

Le triangle de la santé

La ménopause n'est pas qu'une question d'hormones. L'intensité des symptômes peut dépendre aussi de deux autres facteurs qu'on oublie souvent de regarder : l'état de notre structure physique, et notre capacité à reconnaître ce qui se joue dans notre vie émotionnelle. Plus ces deux côtés sont fragilisés, plus les symptômes hormonaux risquent d'être intenses.

C'est ce qu'illustre le triangle de la santé, un concept que je développe plus en détail au chapitre 16 de Conversation avec Body (p. 188). L'idée est simple : ce triangle a trois côtés, la structure (os, muscles, tendons, fascia, organes), la biochimie (hormones, alimentation, inflammation) et la vie émotionnelle. Chaque côté a un effet sur les deux autres. C'est un système, pas trois cases séparées.
Illustration du triangle de la santé : structure, biochimie et vie émotionnelleImage
Si ta structure est défaillante, une grande partie de ton énergie sert à la soutenir. Il en reste moins pour vivre tes émotions, ou pour que ton corps compose avec sa biochimie.

Et si tu vis des émotions sans jamais leur laisser d'espace pour s'exprimer, elles ne disparaissent pas comme par magie. Une partie de ton énergie sert plutôt à les contenir, ce qui laisse moins d'énergie pour soutenir ta structure, ou pour danser avec ta biochimie.

Les symptômes de la ménopause, eux, sont causés par un déséquilibre hormonal. C’est donc le côté biochimique du triangle qui se fragilise. Si ta structure était déjà défaillante, ou que tes émotions n'ont pas eu l'espace de se vivre et de communiquer leur message, ton corps a moins d'énergie pour s'ajuster aux changements hormonaux. Les chances sont alors grandes que l'intensité de tes symptômes en soit décuplée.

Imagine un budget familial avec trois postes de dépenses fixes : le loyer, l'épicerie, les imprévus. Si le loyer augmente soudainement (la structure qui coince), il reste moins pour l'épicerie et les imprévus. Ton corps fonctionne un peu de la même façon avec son énergie : ce n'est pas un puits sans fond. Chaque côté du triangle qui devient plus exigeant pige dans la même réserve que les deux autres. On appelle ça de la gestion de ressources.

La spirale (qu'on connaît toutes un peu trop bien)

Revenons à la ménopause. Ce déséquilibre entraîne souvent une chaîne de réactions qu'on reconnaît tout de suite. Ça commence par un inconfort : on a chaud, on a mal, on se sent mêlée. C’est fatiguant. Peu heureuse de l'impact que ça a sur notre qualité de vie, ça nous frustre. Tout ça génère du stress, qui met encore plus de pression sur un corps déjà débordé. Avec moins de ressources pour retrouver son équilibre, les symptômes s'intensifient. Ce qui alimente à son tour la frustration, puis la colère.

« Mon corps me fait souffrir. »

Et le cycle recommence, chaque fois un peu plus fort.

On reste alors pris dans une posture de victime, comme si on n'avait aucun pouvoir sur ce qui se passe en nous. On espère trouver un traitement, un truc, un spécialiste, ou une pilule magique pour tout régler à notre place.

Et si on changeait de posture ? Si on se responsabilisait pour notre santé ? Non pas pour se blâmer de ce que l'on vit. Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Personne ne « choisit » de suer sa vie à trois heures du matin. Mais reconnaître qu'on a un rôle actif à jouer dans la façon dont on traverse l'expérience. Et de prendre action sur les deux autres côtés du triangle.

La posture de victime dit : « mon corps me fait ça, je subis, je ne peux rien faire ».

La posture de partenariat dit : « mon corps fait de son mieux, il a besoin d’un coup de main. De quoi a-t-il besoin ? ».

La première attend que la solution vienne de l'extérieur. On donne alors notre pouvoir à quiconque nous semble compétent.

La seconde ouvre un espace pour écouter notre corps, malgré l’inconfort. Pour mieux saisir où l’on a du pouvoir justement.

Ce n'est pas nécessairement plus facile, du moins à court terme. Mais ça change tout : au lieu de chercher à sortir de l'inconfort, on choisit d'y entrer.

J'ai appris ça allongée au sol, alors que j’étais incapable de marcher il y a plus de 20 ans.
 
 J’ai dû apprendre à respirer dans la douleur plutôt que de lutter contre elle, comme à mon accouchement. La douleur ne disparaissait pas pour autant. Mais à force de rester présente avec elle au lieu de la fuir, j'ai fini par entendre ce qu'elle essayait de me dire.

Tenir l'espace

Sortir de la spirale infernale ne passe pas par le contrôle des symptômes, mais par une relation différente à soi.

Le premier pas, c'est de revenir dans notre corps. Ce même corps qui semble nous trahir. Pas pour régler nos comptes avec lui, ni comme une machine à réparer, mais comme un partenaire avec qui on retrouve une complicité. Quand on pratique cette connexion corps-esprit avec bienveillance, on réapprend à s'accompagner soi-même dans tout ce qu'on traverse : les tempêtes comme les accalmies, les sensations agréables comme les désagréables. On se donne ainsi la capacité de créer ce que j'appelle des « parenthèses de douceur ».

Le deuxième pas, c'est de réapprendre à ressentir nos émotions. Apprendre à « tenir l'espace » pour elles. Toutes nos émotions, celles qu'on aime accueillir et celles qu'on préférerait éviter. Sans rien trier à l'avance. Les laisser exister le temps dont elles ont besoin pour nous transmettre leur message, sans les juger ni les repousser. Elles vont naturellement se transformer.

Voici un petit exercice : pose une main sur ton ventre, sur ton cœur ou les deux. Prends trois respirations, sans les forcer. À la troisième, demande à ton corps : de quoi as-tu besoin en ce moment ? Laisse la première réponse honnête monter, même si elle ne fait pas de sens, même si elle est inconfortable. Pas besoin de rien faire ou régler. Juste la reconnaître. C'est déjà ça, une petite parenthèse de douceur.

Ce ne sont pas des solutions miracles. Elles ne rétablissent pas un déséquilibre hormonal comme par magie. Mais elles changent la façon dont on traverse l'expérience. Elles modifient notre perception de l'inconfort ou de la douleur, notre relation à elle.

C'est vrai pour la ménopause. C'est vrai pour la douleur chronique, un accouchement, une convalescence, ou un inconfort passager. Et qui sait l'impact que ça pourrait avoir sur les symptômes eux-mêmes...

Alors peu importe ton expérience en ce moment, sache qu'il est possible, et en ton pouvoir, de te réapproprier ton corps malgré tes symptômes.
​
De collaborer avec Body avant qu'il ne crie.


Pour aller plus loin
  • Communauté : rejoins Reviens dans ton Body, une communauté gratuite de pratique et de connexion corps-esprit avec un Club de lecture mensuel et le premier chapitre de mon livre offert dès ton arrivée.
  • Retraite d'un jour : viens pratiquer tout ça en personne le 21 novembre, lors d'une retraite d'un jour.
  • Livre : pour approfondir le triangle de la santé et tout ce qui l'entoure, Conversation avec Body t'attend.
2 Commentaires
Marise
21/9/2026 10:30:01

Merci pour cette réflexion, j’ai immédiatement fait l’exercice des 3 respirations et le mot Paix est monté... J’ai été surprise, mais en y réfléchissant un peu plus je comprends tout à fait ce que mon Tout veut dire :
- Fais la Paix avec tout le passé
- Sois en Paix avec tes décisions passées et présentes
- Fais la Paix avec ton Corps
Et surtout fous-toi la Paix!

Merci Nadyne

Répondre
Nadyne link
21/9/2026 19:49:48

Ah, c'est un beau mot, le mot PAIX.
J'aime ta dernière phrase : Et surtout ,fous-toi la paix!
C'est parfait : )

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    Auteur

    Nadyne Bienvenue
    Auteure, conférencière, enseignante de méditation en mouvement.
    Créatrice du Corps en soi, accompagnement psycho-corporel.

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